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Rencontre avec…Franz-Olivier Giesbert

14 février 2012 2 commentaires

Photo Passion Bouquins

Franz-Olivier Giesbert était l’invité de la CCI de Colmar et du MEDEF du Haut-Rhin pour répondre à la question suivante : « pouvoir de la presse et des médias : réalité ou fantasme ? »
Assister à une conférence avec une personnalité comme lui est toujours une chose intéressante. En effet, qu’on aime FOG ou pas, s’il y a une chose sur laquelle on est généralement d’accord, c’est qu’il est brillant et n’a pas sa langue dans sa poche. Le patron du journal « Le Point » est aussi un écrivain, donc, c’est à plusieurs titres qu’ il m’intéressait de l’entendre et éventuellement de la rencontrer.

Pour que la soirée soit bonne il faut que l’invité soit en forme et que les questions soient pertinentes. On a pas été déçu, toutes les conditions étaient réunies.
Concernant les relations entres politiques et journalistes, Giesbert ne laisse aucune ambiguïté dans sa réponse, en affirmant « être absolument connivent avec les politiques, c’est le meilleur moyen pour avoir des informations de première main, surtout autour d’un bon repas et si son interlocuteur aime bien boire ». En outre il précise que « connivence ne veut pas dire complaisance ».
Le discours plaît à l’assistance, rapidement conquise et certainement un peu étonnée par sa liberté de parole. On a plus l’habitude.

Interrogé sur les pressions que peuvent exercer les hommes politiques sur la presse, Giesbert répond clairement en disant que « oui, les pressions existent mais on peut aussi y résister, ça fait partie du boulot ». Et de nous citer l’anecdote d’un appel du président Sarkozy en personne, mécontent d’un article de Patrick Besson dans une chronique au sujet de Carla. « Je l’ai eu en ligne pendant près de 3/4 d’heures. Il m’a insulté en me traitant je ne sais combien de fois d’un mot commençant par e… » (Il n’a pas précisé lequel. J’ai bien cherché, ce qui va le mieux quand on s’engueule, c’est quand même « enculé ». « Enfoiré » c’est bien aussi, mais moins). L’histoire du savon présidentiel est assez connue, elle a été relatée par FOG dans son livre « M. le Président, scènes de la vie politique 2005-2011″. Ce qui est amusant c’est le calme du journaliste quand il dit : « je m’en fous, c’est mon boulot de me faire engueuler, il n’y a rien de personnel là-dedans ».

Une chose qui revient régulièrement est que le lecteur est le vrai patron du journal et que plus il a de clients, plus il est puissant. Dans le cas du Point, le lecteur est « cultivé, on ne peut pas lui raconter n’importe quoi. Le vrai journaliste est un enquêteur et il sait aussi changer d’avis. »
Il revendique également le droit de se tromper. Interrogé sur le cas Mazarine Pingeot, la fille longtemps cachée de Mitterrand, il n’esquisse pas la critique quand on lui fait remarquer que comme tout le monde il savait mais il n’a rien dit. « Oui », reconnait-il, « je ne suis pas à l’aise avec ça. »

Après 2 heures de conférence suivies par quelques questions, il me fallait trouver le moyen d’avoir une interview pour Passion Bouquins. Alors que le public se dirigeait vers le buffet et la table des dédicaces, quelques élus et les organisateurs devisaient avec FOG. Alors qu’il laissait quelques mots dans le livre d’or, un peu coincé entre deux personnes je me présentais rapidement en lui demandant si une interview était possible. A son « oui » j’ajoutais si on pouvait aussi filmer. On peut aussi.

Photo Passion Bouquins

Franz-Olivier Giesbert est arrivé à Colmar à 18h30 et on imagine bien qu’il n’a pas glandé toute la journée en attendant de prendre son train. Autrement dit la journée a été longue pour lui. Il a tout de même assuré 2h de conférence, 1h de dédicaces et l’interview pour Passion Bouquins, le tout en étant toujours ouvert et sympa avec tout le monde. Ce n’est pas forcément évident quand les gens en demandent beaucoup, quelles que soient les circonstances. Ça valait la peine d’être dit.

Remerciements :

– à Christiane Roth et à Olivier Zirnheld pour leur accueil.
– à ma sœur Eve pour avoir pensé à moi.

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Rencontre avec…Christophe Barbier

19 septembre 2011 Laisser un commentaire

Le directeur de la rédaction de l’Express était l’invité d’Entreprises et Médias d’Alsace pour une soirée exceptionnelle au restaurant du musée de l’automobile à Mulhouse.

Directeur de rédaction d’un hebdomadaire national n’est pas un boulot de tout repos, entre les choix de dossiers, les impératifs de bouclage, la pression économique et bien entendu le suivi de l’actualité. Mais Christophe Barbier n’en a pas assez, car il trouve le moyen d’intervenir le matin sur la chaine d’information i-Télé, plus les fréquentes invitations à des émissions comme « C’est dans l’air » sur France 5.

Photo : Stéphane Tripot

Photo : Stéphane Tripot

L’homme a l’écharpe rouge est égal à l’image qu’on peut se faire de lui au travers de ses prestations. Très facile d’accès, il est aussi volubile dans les discussions à bâtons rompus en petit comité qu’il peut l’être en plateau télé, ou bien sûr au cours de la soirée où il s’est livré sans langue de bois.

Interrogé sur certaines « Unes » (l’interview de Carla Bruni dont il est proche) ou la rumeur de fuite de la fiancée d’Albert de Monaco (dont je ne connais pas le nom et que je ne vais pas rechercher sur Google parce que ça ne m’intéresse pas ces histoires) sur le site web du journal, il ne s’est pas défilé. Dans sa façon de concevoir les choses, ce type d’affaire est définitivement politique car Bruni est bien la « première dame de France » comme on dit bêtement, et si Albert décide de médiatiser son mariage, il s’expose forcément.
Interrogé sur la possibilité d’avoir une interview de DSK, il écartait cette idée, estimant n’avoir aucune chance de la décrocher, étant « grillé » auprès de l’ex-patron du FMI. Chose qu’on a pu vérifier le dimanche suivant sur TF1, Strauss-Kahn traitant le journal de tabloïd. Au passage, venir sur TF1 pour invectiver la presse, faut avouer que ça ne manque pas de sel (les histoires salées de DSK ne manquant, elles, pas de piment non plus).

La vision qu’à Barbier de la presse politique et des concurrents de l’Express est très réaliste. Loin de dégommer ses confrères comme un commercial qui n’aurait rien compris à son boulot, il connaît et reconnaît les forces et les faiblesses de chacun. Il se pose aussi en gardien du temple, connaissant l’histoire de l’Express sur le bout des doigts.

Photo : Stéphane Tripot

Enfin, il nous a aussi parlé de sa passion qu’est le théâtre. Acteur au sein d’une petite troupe qui se produit régulièrement, il trouve dans cette passion une formidable façon de s’échapper de la pression du quotidien. Pour lui, se produire devant un public, entendre celui-ci réagir, est d’une grande intensité.
A ce sujet, il a accordé une interview vidéo à votre serviteur, visible sur le blog de Passion Bouquins, ou il parle de ses goûts littéraires et des ses projets théâtraux.

Il s’y est prêté avec enthousiasme et en toute simplicité. Je pense que c’est exactement comme cela qu’on peut définir Christophe Barbier.

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Rencontre avec…Laurent Blanc et Pierre Ménès

20 mai 2011 2 commentaires

C’est avec un grand plaisir que j’ai reçu il y a déjà quelques semaines une invitation du club des Entreprises qui fêtait ses 20 ans d’existence. Ce club, présidé par Jean Harang, sponsorise les sportifs pour leurs résultats ou pour leur potentiel.
Pour cet anniversaire, ce club n’a pas lésiné sur les moyens en invitant Laurent Blanc au musée national de l’automobile à Mulhouse.
J’imagine que certains ont dû avoir quelques frayeurs. En effet, le sélectionneur national, pris dans la tempête des désormais fameux « quotas », aurait très bien pu démissionner de sa fonction et ne pas pouvoir tenir ses engagements. Il faut avouer que ça aurait été dommage, d’autant que Blanc a une image d’homme intègre. Ce qui dans le foot n’est pas le premier mot qui vient à l’esprit. Essayez pour voir, ce n’est pas évident.
Manque de bol ou loi des séries, son adjoint Alain Boghossian, se fait remettre une montre en diamant (devant une caméra de Canal+) lors de son invitation à l’inauguration d’un stade de  Grozny (Tchétchénie), invité par le président Kadyrov, dont là de la même façon, le premier mot qui vient à l’esprit le concernant n’est pas démocrate. Encore une fois, tentez votre chance.
Du coup, la conférence de presse prévue dans l’après-midi a été purement et simplement annulée. Même si ça fait partie de son boulot on peut imaginer le manque d’envie de Laurent Blanc d’avoir à répondre à des questions gênantes dans le cadre d’une invitation privée. Ça se discute, mais on peut le comprendre.

Arrivé un peu en avance, je tombe sur Pierre Ménès -ami de Laurent Blanc il l’accompagne- qui déambule dans le musée, et hop une petite photo. Il a l’air un peu bougon, mais il est sympa. Je me met à sa place, le nombre de types comme moi qui viennent quémander une photo, à un moment ça doit être chiant.

Après l’apéro et les discours officiels, Laurent Blanc se prête au jeu des photos et des autographes. Il a du mérite. Tout le monde veut s’immortaliser avec lui et 280 personnes ça fait tout de même beaucoup. Je n’ose pas trop insister, je suis bien à coté de lui sur la photo mais il ne le sait pas. Ça m’est égal, je préfère celle-là qui est bien cool.

Photo H. Weill

Laurent Blanc. Photo : Hervé Weill

Plus tard nous nous dirigeons dans le musée, où au milieu des Bugatti et autres automobiles prestigieuses  nous allons dîner et écouter les deux protagonistes.
Les questions fusent dans l’assemblée. Bon, on ne peut pas dire qu’on apprenne quelque chose de vraiment neuf, enfin quand on suit un peu le foot. Un peu de jeu, d’arbitrage vidéo… Blanc est calme et appliqué, Ménès balance quelques vacheries sur Domenech, les arbitres, etc…
Les questions du public c’est bien, mais on peut juste regretter que certaines réflexions n’aient pas été relancées par l’animateur. Quand Pierre Ménès parle de la mafia des arbitres français, on voudrait en savoir plus (ils tuent des gens, ils rackettent des petites vieilles ?).
Mais ne soyons pas plus royalistes que le roi, les deux hommes ont rendu une copie impeccable, donnant ce qu’on attendait d’eux à la grande satisfaction de tous. Pierre Ménès a souvent fait marrer la salle et n’a pas oublié de rendre hommage au sport local, sans oublier le Racing (Strasbourg of course) et ça fait toujours plaisir au supporter que je suis.
Quant à Laurent Blanc, on comprend que les plus jeunes qui débarquent en équipe de France doivent être impressionnés. Il étonne par son calme, sa retenue et la clarté de ses propos. C’est vrai que là encore, ce ne sont pas les mots qui viennent en premier quand on pense au football.

Mais où est Hervé ? Photo : Béatrice Fauroux

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Rencontre avec…Bernard Pivot


Ah, Bernard Pivot ! Le gars qui a bercé tant de soirées littéraires à la télévision, qui a rencontré les plus grands écrivains Français ou étrangers, celui qui a donné à nombreux d’entre nous le goût de la lecture, et redonné à la dictée ses lettres de noblesse,… ses lettres, de… noblesse. Point, à la ligne.
L’occasion était trop belle de pouvoir le rencontrer et de voir de quel bois est fait quelqu’un comme lui. A vrai dire j’en avais déjà une petite idée, ayant pris le soin de lire son dernier livre, « Les mots de ma vie ». Je pense que la moindre des choses était de faire comme lui le faisait pour ses émissions « Apostrophes » et « Bouillon de culture »,  c’est-à-dire lire son bouquin avant. Une sorte d’hommage à ma façon. J’avais donc une image de lui un peu plus intime, son livre étant une biographie au travers de mots qu’il aime.
Autant dire que je n’ai pas été déçu.

Bien entendu, Bernard Pivot est extrêmement cultivé. Vous allez me faire remarquer que si c’était pour dire ça, pas la peine de se déplacer exprès, et vous avez raison. Difficile de ne pas le dire non plus, donc c’est fait, passons.
Ce qui se dégage de lui c’est son humilité et sa gentillesse. Il raconte nombre d’anecdotes qui ont émaillé sa vie avec, ai-je eu le sentiment, une pointe d’étonnement, comme si finalement il n’en revenait toujours pas d’avoir rencontré autant de célébrités.

Après avoir fait un petit tour de quelques mots de sa vie (les échanges entre lui et l’interviewer autour des mots finissant en « ouille » valaient leur pesant de cacahuètes…), vinrent les questions du public. Après quelques questions autour de la littérature et de la télévision, je lui posais une question « football » dont on sait qu’il est supporter : pourquoi un Lyonnais pure souche était fan de St-Étienne ? (J’ouvre une parenthèse au passage avant de donner sa réponse. La semaine prochaine je vais assister à une conférence avec Laurent Blanc. Oserai-je lui poser une question sur la littérature ?)
Je pense que beaucoup ont vu alors s’allumer quelque chose dans son œil, la question de foot, ça le branche. Donc tout lyonnais qu’il est, à l’époque l’OL était en seconde division et attirait peu les foules, il allait au stade avec son père. Mais c’est quand il avait vraiment de bonnes notes à l’école que la récompense suprême était d’aller voir les « Verts » à Geoffroy-Guichard.

Lors de la dédicace, je lui demandais de me placer le mot « carabistouille » qui figure en bonne place dans son livre. Que ceux qui veulent savoir pourquoi le lise !
Je conclus en faisant une énorme bise à Simone Morgenthaler, égale à elle-même, souriante et disponible. C’est toujours un réel plaisir de discuter avec elle.

Les mots de ma vie, Bernard Pivot

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Rencontre avec…Edwy Plenel


Photo Stéphane Tripot

Pour sa soirée du mois de mars, Entreprises et Médias d’Alsace recevait Edwy Plenel, patron du site Médiapart et ancien rédacteur en chef du journal Le Monde.  En pleine promo de son bouquin « Le président de trop », il a accepté de s’arrêter à Mulhouse pour rencontrer les membres de l’association.

Invité  dans un premier temps à revenir sur son parcours, affirmant qu’il n’était pas spécialement destiné au journalisme,  Edwy Plenel entre rapidement dans le vif du sujet concernant son métier : « le journalisme c’est un engagement pour la démocratie, et la démocratie n’est pas la pédagogie du « casse-toi pauvre con ».
Cette première affirmation donne le ton de la soirée, consacrée à son engagement pour son métier et la à dénonciation de la toute puissance de la gouvernance actuelle.
Médiapart se veut un carrefour des oppositions,  à la fois indépendant, de qualité et un laboratoire de recherche. Le modèle crée avec ce site d’information en ligne semble démontrer que tout le monde n’est pas scotché devant les journaux télévisés institutionnels, qui au fond traitent des mêmes sujets et de la même manière. Il existe bien une demande pour une information différente, pour preuve les 45. 000 abonnés et une forte progression depuis sa création, avec des perspectives de croissances importantes d’ici à la fin de l’année.
Comme quoi on peut proposer autre chose que la cuisson des moules à l’ail dans le bas Quercy chez Ginette, restauratrice de 83 ans qui malgré ses varices est toujours debout dès l’aube, à la Une de son journal. Certes il en faut pour tous les goûts, mais il faut se mettre d’accord sur les termes « information » et « journalisme ». A ce propos, les journalistes du coin ont brillé par leur absence, la seule présente à ma connaissance était Cécilia Rançon, journaliste-chroniqueuse sur radio Dreyeckland.

Confiscation du « bien commun »

Le patron de Médiapart se pose en défenseur du système démocratique, fortement mis à mal durant les dernières décennies : « le pouvoir du chef de l’état n’a jamais cessé de s’étendre depuis Mitterrand, et Sarkozy est l’enfant monstrueux des présidences précédentes » attaque Edwy Plenel quand il est interrogé à ce sujet. « Nous avons confié notre avenir au caractère d’un homme, ce n’est pas digne d’une démocratie d’adultes » ajoute-t-il.
La démocratie est bien le terme qui revient le plus souvent. Plenel nous dit qu’ elle est en danger car le gouvernement actuel verrouille les institutions en ayant le pouvoir de nommer qui il veut. C’est notre « bien commun » démocratique dont les élus sont comptables qui, au lieu d’être sublimé est tiré vers le bas.
Edwy Plenel à l’instar de Stéphane Hessel qu’il cite volontiers à plusieurs reprises, invite à une insurrection civique. « Il faudrait tous se réveiller et se projeter collectivement vers l’avenir ». Si il ne compte pas sur le pouvoir actuel, il n’espère pas plus de la gauche qui « tergiverse et attend « l’Imam » caché de Washington », dit-il avec son sens des formules qui fait mouche à tous les coups.
Il cite volontiers  Victor Hugo ou encore Oscar Wilde pour « Le portrait de Dorian Gray » (que je vous recommande chaudement), ajoutant de la culture au débat politique, ce qui n’est pas pour nous déplaire et nous change de Didier Barbelivien ou de  Mireille Mathieu.
Alors, à propos de chanteurs, (mais dans un autre style vous en conviendrez), quand il parle de Jean-Baptise Baudin, mort pour ses idées sur une barricade à Montmartre,  on lui dit à Edwy en citant Brassens : « mourir pour ses idées, d’accord mais de mort lente… »

Le président de trop
Editions Don Quichotte
516 pages

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Rencontre avec…Vincent Cespedes

23 février 2011 1 commentaire

Photo Stéphane Tripot

La soirée Entreprises et Médias du mois de février a eu le plaisir d’accueillir l’écrivain et philosophe (ou l’inverse), Vincent Cespedes.

Près d’une centaine de membres et invités avaient souhaité assister à l’évènement, et sans avoir le décompte exact des participants, on peut affirmer que, une fois encore, la parité n’a pas été respectée. En effet, il semble bien que les femmes aient été bien plus nombreuses que les hommes. Est-ce un effet procuré par son dernier livre « L’homme expliqué aux femmes » ?
Ou alors par le physique avantageux du philosophe ?
Evacuons tout de suite cet aspect là, car si l’homme a en effet du charme, il n’en joue pas, enfin pour être plus précis, il est coiffé normalement et ne porte pas de chemise blanche ouverte sur un poitrail glabre.

Nous avons assisté à une soirée de haut vol, il y a eu du bouillonnement de neurones dans les cerveaux. On mesure rapidement la différence qu’il peut y avoir entre une intervention télévisée qui laisse peu de temps à l’expression (encore moins à la réflexion), et une soirée ou le philosophe a le temps de développer sa pensée. Mener et entendre un vrai débat philosophique est un plaisir rare, de même qu’ entendre cités les noms de Freud et Platon dans la même soirée.

Une onde de charme dans la salle

Alors qu’en est-il des rapports entre les femmes et les hommes du XXIe siècle ?  Quel est la place du couple, est-ce qu’il doit être considéré comme un modèle ?  Comment l’homme moderne peut-il trouver une place où il serait en parfaite harmonie avec la femme, brisant les chaînes du rôle de mâle dominant qui lui est attribué depuis des siècles ? Et le bonheur dans tout ça ?

Vaste programme et champ de réflexion infini. D’ailleurs, on a jamais autant échangé sur le sujet entre membres. Que ce soit au cours ou après le repas, les uns interrogeaient les unes, les unes donnaient leurs avis sur les uns et tout cela dans une ambiance très sérieuse mais  décontractée. Car si on est pas forcément d’accord sur tout ce qui a été dit (et heureusement d’ailleurs), cela a au moins le mérite de faire débattre les gens entre eux.
Il est à peu près certain que cette soirée n’a fait que déclencher un processus, et qu’ au sein d’Entreprises et Médias on n’a pas encore fini d’en parler.
On a vraiment fait quelque chose de notre temps de cerveau disponible, merci à Vincent Cespedes de nous rappeler qu’il ne s’use que si on ne s’en sert pas.

L’homme expliqué aux femmes

Flammarion

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Rencontre avec…Stéphane Hessel

11 février 2011 4 commentaires

Un des personnages qui fait l’actualité en ce moment est un jeune homme de 93 ans. Ne croyez pas que le terme « jeune homme » soit condescendant ou simplement affectueux. Non, c’est réellement l’état d’esprit de Stéphane Hessel, qui terminait son marathon médiatique à Strasbourg par un petit déjeuner à l’hôtel Hilton animé par Jean-Luc Fournier, devant une salle comble.
Tout cela grâce à un petit livre d’un peu plus de vingt pages, mais qui a dépassé le million d’exemplaires vendus en France et continue sa carrière dans une vingtaine de pays étrangers.
« Indignez-vous » arrive certainement dans un moment, une époque où les bouleversements sont nombreux et semblent inéluctables car liés par la mondialisation des évènements.
« J’assume les critiques » dit-il, « mes propos peuvent paraître excessifs et narcissiques. Mais ça dérange surtout ceux qui pensent que tout va bien et dire le contraire c’est gênant pour eux. Mon livre est fait pour réagir, maintenant il faut des réponses. Pour cela il faut se tourner vers la littérature actuelle » dit-il en citant notamment le livre d’Edgar Morin : « La Voie »

Hessel veut défendre les « valeurs fondamentales », celles qui ont été édictées par le Conseil National de la Résistance (CNR) et plus tard dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme : la sécurité sociale, la retraite, la liberté de la presse, l’égalité face à la justice…
Il ne faut pas s’y tromper, Stéphane Hessel incite à s’indigner mais aussi à réfléchir et à agir.
Il veut s’adresser aux plus jeunes (au sens physique cette fois) : « je parle au nom d’une génération qui a vécu des catastrophes. Mais rien n’est inéluctable, les problèmes les plus graves peuvent être résolus tels que : la chute de l’Allemagne nazie puis de l’URSS, l’émancipation des anciennes colonies, la fin de l’apartheid en Afrique du Sud, etc…

Résister pour créer, créer pour résister

Stéphane Hessel n’évite pas la violente polémique née de ses propos au sujet d’Israël et des Palestiniens. On a entendu beaucoup de choses à ce sujet, avoir la réponse de l’auteur de vive voix permet de se forger sa propre opinion, sans les éventuelles déformations que chacun peut apporter volontairement ou non.
« Un petit nombre de juifs, dans ou en dehors d’Israël, pense que critiquer le gouvernement, peut mettre tout le peuple en danger, se référant à l’extermination par les Nazis. Combien de temps faudra-t-il pour que ces sensibilités disparaissent ? La légitimité d’Israël est incontestable, et il faut voir comme une chance pour ce pays la volonté de démocratie affichée par les peuples arabes. » dit-il en commentant les évènement en Tunisie et en Égypte.

Sur ces sujets ultra sensibles, Hessel ne développe aucun propos ambigu, et sait faire la part entre les gouvernements et les peuples.
« Indignez-vous » est un appel à une insurrection pacifique et non violente, pour réfléchir à ce qu’il est possible de faire. « Il est possible » ajoute-t-il, « pour des citoyens ordinaires mais convaincus de se dresser ensemble. »

Les questions se succèdent, souvent très pertinentes, et Stéphane Hessel n’en évite aucune : « quand on a passé 80 ans, on peut dire ce qu’on veut, on se sent libre. »
C’est bien un souffle de liberté qui est passé dans la salle, entendez un échange d’idées fortes, dans l’affirmation des ses idéaux et dans l’écoute et le respect des autres. On pourra toujours objecter qu’il manquait de contradicteur, mais à ce que je sache, personne n’a été privé de venir s’exprimer.

Sans vouloir lui manquer de respect, bien au contraire, et je pense (je l’espère en tout cas) que ça le ferait marrer : papy fait toujours de la Résistance !

Les ouvrages cités

« Indignez-vous », Stéphane Hessel
Indigènes Editions

« La Voie », Edgar Morin
Fayard

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Rencontre avec…Jean d’Ormesson

6 octobre 2010 1 commentaire

Heureusement il n’y a pas que le travail dans la vie, alors quand on m’a proposé de participer à une rencontre littéraire avec comme invité Jean d’Ormesson, je n’ai pas hésité (précision ô combien inutile pour les aficionados) une seule seconde.

Ce n’est évidement pas tous les jours qu’une telle opportunité de rencontrer un grand écrivain français se présente. En l’occurrence, le terme « grand écrivain » semble bien insuffisant (oui, un peu court jeune homme !) à qualifier l’académicien, le puits de connaissance et l’homme médiatique qu’est Jean d’Ormesson.
Il ne tardera pas à nous prouver tout cela  en nous enchantant par son verbe, sa verve et son humour.
Initié par ASP et la librairie Kléber, ce déjeuner/débat s’est déroulé au Château de l’Ill à Ostwald, dans la banlieue de Strasbourg, réunissant une cinquantaine de privilégiés très impatients de rencontrer le maitre.
J’étais moi aussi en attente de ces échanges, tant j’ai été ébloui par son dernier ouvrage: « C’est une chose étrange à la fin que ce monde ».

J’avais une ou deux questions à poser, qui m’étaient venues spontanément à la lecture du livre. Bien entendu, le temps passant, j’affinais ces questions et forcément je perdais en spontanéité et en assurance aussi. Poser une question à Jean d’Ormesson c’est pas pareil qu’à Franck Ribéry, on a peur de poser la question « à la con ». Car si il y a une chose dont on est sûr c’est que la réponse ne le sera pas.
Ce serait quand même gênant de s’entendre répondre un truc qui laisserait penser qu’on a mal ou pas compris le propos. Malgré cela j’étais disposé à poser ma question quand même, il faut savoir vivre dangereusement, et la sagesse populaire ne manque pas de dictons à ce sujet.

Bref, premier contre-temps, un retard annoncé de près d’une heure de l’auteur  nous fait pousser des « Oh ! ». En attendant la venue de l’Immortel (forcément ça laisse du temps devant soit), je devise joyeusement avec mes amis, Aude, Marylène, Rita et Dominique (qui est un garçon sinon j’aurai écrit amies) et au bout d’un moment des applaudissement nourris (et des « Ah ! ») nous font comprendre l’arrivée de Jean , il ne m’en voudra pas de ne pas réécrire son nom de famille à chaque fois.

Une question de l’interviewer Jean-Luc Fournier et c’est parti pour 3/4 d’heure de haut vol. Tout y passe, les débuts de la littérature, de la science, l’existence de Dieu, le Big-Bang, Newton, Homère, Platon, Chateaubriand, la Vie, la Mort, les atomes, le mur de Planck, des gars dont je n’ai jamais entendu parlé, des théories que je ne connais pas. Mais rien sur Houellbecq.

Et bien entendu on comprend TOUT !
Jean est lancé, il est inarrêtable, et d’ailleurs personne n’aurait l’idée d’avoir envie de le faire, c’est pour dire. Les uns retiennent leur souffle, certaines versent une larme, c’est brillant et drôle, une vague de vista et d’intelligence submerge la salle. Un tsunami de culture !
Ah, on a le temps de poser une question. Une dame se lève. Bonne question et drôle en plus. Pas le temps de réagir une autre question est posée tout a fait correcte aussi (il y a quand même une vieille pie pas loin de moi qui trouve à redire sur cette question). C’est à moi, c’est a moi ! Ah non. C’est déjà fini, il y a un horaire à tenir et il y a les dédicaces (qui prendront pas loin d’une heure).


Je me met dans la file avec mon bouquin sous le bras. Quand mon tour arrive, pendant qu’il me personnalise son ouvrage, je lui glisse ma question. Il se marre et me répond « très juste » et il m’explique. Je ne rentre pas dans les détails de la réponse vu que vous ne connaissez pas la question. Je suis content, pas soulagé, mais presque.

C’était  trop court, mais je ne boude pas mon plaisir d’avoir rencontré cet homme hors du commun.
Et au final je me sens plus disciple que groupie. C’est pareil ? Tant pis !

A lire :

C’est une chose étrange à la fin que ce monde

Editions Robert Laffont

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Rencontre avec…Philippe HENON


Le 4 mars dernier, Entreprises et Médias d’Alsace a invité le Professeur Philippe Hénon,  fondateur en 1983 à Mulhouse de l’IRTH (Institut de Recherche en Hématologie et Transplantation) et qui a réussi une  première mondiale en injectant dans le cœur du patient des cellules souches prélevées dans son bassin, évitant ainsi une greffe cardiaque.

Le grand public connaît le professeur Philippe Hénon grâce à l’opération Tulipes, renouvelée à chaque printemps depuis vingt ans maintenant, dont le produit financier est affecté intégralement au fonctionnement de l’institut qu’il dirige.
La soirée a débuté par la projection d’un film d’une dizaine de minutes, mettant en scènes des malades cardiaques dont l’espérance de vie ne dépassait pas quelques mois. Déformation congénitale ou maladie liée à l’alcool et au tabac, la maladie empêche le patient de faire le moindre effort.

Pour les patients traités tout de suite après leur accident cardiaque il existe donc la possibilités du traitement du Professeur Hénon dont les résultats sont pour les protagonistes du film tout à fait remarquables.
Si son talent est  reconnu jusqu’aux États-Unis, c’est encore loin d’être le cas en son pays, même si les choses changent peu à peu. C’est donc de plus en plus souvent en tant que vrp que Philippe Hénon parcoure les médias afin de faire connaître son travail et d’attirer à lui les fonds indispensables à la recherche.
Le résultat de la vente des bouquets de tulipes est d’environ 150 000 euros par ans grâce à des nombreux bénévoles.

Prochaine soirée EMA le 30 mars 2010 :  » Les sentinelles de la guerre froide » avec Michel JAN.

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Rencontre avec…Pierre-Louis Basse

27 janvier 2010 Laisser un commentaire

Pierre-Louis Basse était  l’invité d’Entreprises et Médias pour un dîner débat autour du thème : « Encore libres les journalistes ? »

Une  surprise  est justement l’absence remarquée de ses « collègues » de la presse  si l’on excepte des représentants de quelques radios locales. On peux toutefois penser que vu le thème de la soirée, ils étaient aussi libres de ne pas venir, ce qui peut être considéré autant comme un signe d’indépendance (mais vis-à-vis de qui ?) que comme celui d’un manque de curiosité. Chacun pourra juger par lui-même.

Pierre-Louis Basse apparait tout de suite comme un homme chaleureux et content d’être là.
Homme de radio et écrivain, c’est avec beaucoup d’humour de sincérité qu’il évoque son parcours de journaliste. On sent qu’il maîtrise les us et coutume de la profession et sait rester fidèle à ses idées et à une certaine façon de faire du journalisme : prendre le temps de découvrir, d’écouter, de lire, de s’intéresser, bref l’inverse de ce qu’on peut voir et entendre un peu partout. Un minimum de recul et de réflexion permettent de diminuer sensiblement les jugements hâtifs et les certitudes.
Les questions du public portent beaucoup sur le traitement de l’information uniforme et convenu de la presse en générale.
Petit à petit le journaliste laisse la place au romancier et on découvre un homme sensible et touchant quand il parle des a jeunesse, de ses premières amours et de sa relation forte avec son père.

Entreprises et médias nous a encore gratifié d’une belle soirée. On écoutera Pierre-Louis Basse d’une autre oreille désormais.

Écouter : le samedi et le dimanche sur Europe1

Lire : « Comme un Garçon », Stock.

Photos : Stéphane Tripot

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