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Le syndrome Carla Bruni

13 février 2013 1 commentaire

MarianneQuand en 2002 Carla Bruni sortait son premier album intitulé Quelqu’un m’a dit  les critiques ont été diverses, mais en règle générale l’accueil a été plutôt bon et on saluait le talent qu’on ignorait de cette femme connue pour sa carrière de mannequin et plutôt considérée comme intelligente et sympa. Nous étions nombreux alors à fredonner « …c’est quelqu’un qui m’a dit que tu m’aimais en encore… ». Bref qu’on aime ou pas, quelques chansons ont marqués.
Quand, quelques années plus tard, la belle italienne sortit son second disque, la chanson n’a plus été la même, et là je ne parle pas d’une de ses interprétations, mais de la façon dont la critique s’est faite. Pour être honnête je n’ai aucun souvenir de ce qu’en a dit la profession. Par contre je me souviens d’un journaliste qui avait demandé à des élus de tous bords ce qu’ils pensaient de cette nouveauté. Vous l’avez compris, à ce moment là Carla n’était plus une femme comme les autres, elle avait épousé le président de la République, Nicolas Sarkozy. C’est là que ça devient intéressant car ça m’avait frappé, les politiques de droite ont trouvé l’album génial et les interviewés de gauche n’ont pas aimé ou ne l’ont pas écouté car ils ne sont « pas intéressés ».

Hier soir je regardais les informations régionales sur France 3 Alsace et le présentateur nous expliquait que les députés locaux ont voté de la façon suivante concernant le mariage pour tous (pour ceux qui pourraient l’ignorer la majorité en Alsace se trouve à droite depuis belle lurette) : les deux élus de gauche sont pour, les treize élus de droite sont contre.
On peut légitimement se poser la question suivante : à partir du moment où on représente le peuple sous un mandant électoral, doit-on pour autant perdre son libre-arbitre. Qu’on s’entende bien : chacun à le droit à ses opinions. Pour situer mon propos je ne trouve ma place dans aucun courant politique, mais je note des bonnes et des mauvaises idées un peu partout. Le mariage pour tous, ou gay ou comme on voudra le nommer, je suis pour sans hésitation. Et j’imagine que dans ce qu’on appelle la droite il doit y avoir un paquet de gens qui sont pour aussi, et a fortiori à gauche qui sont contre.
Dans le cas présent, nos députés n’avaient pas à retirer un droit à quelqu’un, à baisser des retraites ou à voter un nouvel impôt. Il s’agissait de régler une situation qui existe déjà de fait, soit les couples d’hommes ou de femmes qui vivent ensemble et qui n’ont aucun recours en cas de séparation, de décès ou de garde des enfants car oui, encore une fois, ça existe déjà. L’idée était d’accorder les mêmes droits à tous, il y a difficilement plus républicain. Rappelons-nous l’inscription sur tous les frontons des bâtiments publics de France.

Mais dans notre pays (ailleurs surement aussi mais bon…) quand on est un politique on n’ose plus sortir de la ligne dictée par son camp. Et on est capable de la plus mauvaise foi pour appuyer son propos, pour plein de mauvaises raisons, la première étant de flatter ses chefs ou son électorat. Je me refuse pour autant à mettre tout le monde dans le même panier, ce serait trop simpliste. Et les attitudes jusqu’au-boutistes et partisanes ne sont pas l’apanage de nos politiques. Mais bon sang faites preuve de plus de courage et de conviction ! Le pire c’est qu’une fois la loi votée, on va passer à autre chose et cette loi sera dans notre paysage tout simplement comme une évidence.

Essayez de vous en souvenir pour la prochaine fois, tout le monde y gagnera. On préfèrera toujours voter pour quelqu’un de sincère que pour un opportuniste ou un mouton. Car malgré tout, même si on est pas dupe et qu’on connait la musque, quelque chose me dit qu’on pourrait vous aimer encore…

Rencontre avec…Franz-Olivier Giesbert

14 février 2012 2 commentaires

Photo Passion Bouquins

Franz-Olivier Giesbert était l’invité de la CCI de Colmar et du MEDEF du Haut-Rhin pour répondre à la question suivante : « pouvoir de la presse et des médias : réalité ou fantasme ? »
Assister à une conférence avec une personnalité comme lui est toujours une chose intéressante. En effet, qu’on aime FOG ou pas, s’il y a une chose sur laquelle on est généralement d’accord, c’est qu’il est brillant et n’a pas sa langue dans sa poche. Le patron du journal « Le Point » est aussi un écrivain, donc, c’est à plusieurs titres qu’ il m’intéressait de l’entendre et éventuellement de la rencontrer.

Pour que la soirée soit bonne il faut que l’invité soit en forme et que les questions soient pertinentes. On a pas été déçu, toutes les conditions étaient réunies.
Concernant les relations entres politiques et journalistes, Giesbert ne laisse aucune ambiguïté dans sa réponse, en affirmant « être absolument connivent avec les politiques, c’est le meilleur moyen pour avoir des informations de première main, surtout autour d’un bon repas et si son interlocuteur aime bien boire ». En outre il précise que « connivence ne veut pas dire complaisance ».
Le discours plaît à l’assistance, rapidement conquise et certainement un peu étonnée par sa liberté de parole. On a plus l’habitude.

Interrogé sur les pressions que peuvent exercer les hommes politiques sur la presse, Giesbert répond clairement en disant que « oui, les pressions existent mais on peut aussi y résister, ça fait partie du boulot ». Et de nous citer l’anecdote d’un appel du président Sarkozy en personne, mécontent d’un article de Patrick Besson dans une chronique au sujet de Carla. « Je l’ai eu en ligne pendant près de 3/4 d’heures. Il m’a insulté en me traitant je ne sais combien de fois d’un mot commençant par e… » (Il n’a pas précisé lequel. J’ai bien cherché, ce qui va le mieux quand on s’engueule, c’est quand même « enculé ». « Enfoiré » c’est bien aussi, mais moins). L’histoire du savon présidentiel est assez connue, elle a été relatée par FOG dans son livre « M. le Président, scènes de la vie politique 2005-2011″. Ce qui est amusant c’est le calme du journaliste quand il dit : « je m’en fous, c’est mon boulot de me faire engueuler, il n’y a rien de personnel là-dedans ».

Une chose qui revient régulièrement est que le lecteur est le vrai patron du journal et que plus il a de clients, plus il est puissant. Dans le cas du Point, le lecteur est « cultivé, on ne peut pas lui raconter n’importe quoi. Le vrai journaliste est un enquêteur et il sait aussi changer d’avis. »
Il revendique également le droit de se tromper. Interrogé sur le cas Mazarine Pingeot, la fille longtemps cachée de Mitterrand, il n’esquisse pas la critique quand on lui fait remarquer que comme tout le monde il savait mais il n’a rien dit. « Oui », reconnait-il, « je ne suis pas à l’aise avec ça. »

Après 2 heures de conférence suivies par quelques questions, il me fallait trouver le moyen d’avoir une interview pour Passion Bouquins. Alors que le public se dirigeait vers le buffet et la table des dédicaces, quelques élus et les organisateurs devisaient avec FOG. Alors qu’il laissait quelques mots dans le livre d’or, un peu coincé entre deux personnes je me présentais rapidement en lui demandant si une interview était possible. A son « oui » j’ajoutais si on pouvait aussi filmer. On peut aussi.

Photo Passion Bouquins

Franz-Olivier Giesbert est arrivé à Colmar à 18h30 et on imagine bien qu’il n’a pas glandé toute la journée en attendant de prendre son train. Autrement dit la journée a été longue pour lui. Il a tout de même assuré 2h de conférence, 1h de dédicaces et l’interview pour Passion Bouquins, le tout en étant toujours ouvert et sympa avec tout le monde. Ce n’est pas forcément évident quand les gens en demandent beaucoup, quelles que soient les circonstances. Ça valait la peine d’être dit.

Remerciements :

– à Christiane Roth et à Olivier Zirnheld pour leur accueil.
– à ma sœur Eve pour avoir pensé à moi.